Du plaisir et du déplaisir du Trac

Se rassembler en coulisse, s’étirer, regarder les groupes passer, se détendre, essayer de se détendre, sentir des mains amies nous masser la nuque.

S’étirer encore, se réaligner, se recentrer, rester en mouvement pour ne pas perdre le contrôle de son corps. Le cœur qui bat de plus en plus vite, l’estomac qui se contracte et la peur soudaine que le tournis et les nausées prennent le dessus.

Le trac, un sentiment et surtout une sensation physique aussi merveilleuse que déstabilisante. Je vais y aller, je sais que j’irai et je sais que cela passera dès que mon corps en mouvement foulera la scène.

La pièce d’avant ne semble jamais se finir. Je suis accroupie dans les coulisses côté cour, un gros ballon de gym orange devant moi, et je guette le dernier instant pour m’allonger sur le dos, cachée par les pendrillons. le ballon sur le ventre, la nuque droite, je suis prête à glisser sur scène dès les premières notes de notre morceau.

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6 minutes sur scène. 6 minutes passent si vite mais 6 minutes d’allégresse. Mon cerveau et mon corps sont enfin liés dans un même élan, enfin en osmose. 6 minutes pour lesquelles je passerai des heures de travail encore et encore. 6 minutes plus tard, retour aux coulisses, les applaudissements dans la tête, les sourires sur tous les visages, le cœur qui bat mais de joie et de fatigue. Une sensation décuplée par le trac premier.


Texte inspiré par la pièce "Les Planètes" chorégraphiée par Jessy Brajeul pour le spectacle Le Petit Prince de l’Académie Temps danse : Le samedi 23 juin 2018 au Théâtre des Arts à Rouen.

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